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A deux mois des élections municipales, la popularité de Marine Le Pen connaît des baisses significatives dans plusieurs sondages de janvier entérinant une dégradation depuis septembre, même si la présidente du FN reste à des niveaux élevés.
Avec cinq points en moins par rapport à décembre chez TNS Sofres (25%) et Opinion Way (27%) et quatre points en moins chez Ipsos (29%), la baisse de la présidente du FN dans les sondages de janvier est importante, même si l'institut CSA lui accorde un score stable.
Tous les instituts de sondage donnent en décembre ou janvier Le Pen en baisse par rapport à septembre ou octobre: moins huit points chez TNS Sofres, Opinion Way et Ipsos, moins six points chez l'Ifop, moins quatre points pour CSA. Une mauvaise nouvelle pour le FN, qui regarde avec attention les enquêtes d'opinion: le parti s'était bombardé «premier parti de France» après une étude Ifop d'octobre le plaçant en tête des intentions de vote (24%) pour les européennes de mai.
Bruno Jeanbart, directeur général associé d'Opinion Way, explique la baisse de novembre par les propos polémiques de Marine Le Pen, qui s'était étonnée queles otages français de retour du Sahel portent barbe et chèche. Il semble plus circonspect sur les raisons de la baisse récente, suggérant un «petit phénomène lié à l'affaire Dieudonné». Marine Le Pen avait pourtant essayé de s'en démarquer, et avait dénoncé une instrumentalisation de l'affaire par le gouvernement contre le FN.
«Les débats sur les propos extrêmes, sur l'antisémitisme, ont pu réactiver dans une partie de l'électorat l'idée que le FN est un parti qui a aussi des excès», selon Jeanbart. Et de s'interroger: «Est-ce que Marine Le Pen n'a pas été à son sommet trop tôt?» La «tendance à la baisse sur les derniers mois est nette», confirme Yves-Marie Cann, directeur en charge de l'opinion chez CSA, selon qui elle vient «plutôt des sympathisants UMP et plus globalement de la droite hors FN».
Il explique cette baisse par «les révélations au sujet de dérapages d'un certain nombre de têtes de listes FN qui ont remis sur le devant de la scène cette vieille image que cherchent à gommer à tout prix les dirigeants actuels du FN». La patronne du FN a préféré en sourire lundi sur RTL: les sondages, «ça s'en va et ça revient, c'est comme un tout petit rien... Ce sont des choses parfois, toujours conjoncturelles».
Et comme le note Cann, qui pense qu'il faut «relativiser la baisse», «29% d'opinions favorables (chez CSA) reste un niveau assez élevé pour le FN, qui n'avait jamais été observé pour son père». «29%, c'est plus que certains ministres ou personnalités de droite: Jean-François Copé est à 24%, Michel Sapin et Cécile Duflot à 26%», note-t-il aussi.