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DIEUDONNE ET LA LIBERTE D'EXPRESSION

TEXTE D'ERIC AUCORDIER

SUR DIEUDO ET LA "LIBERTE D'EXPRESSION".

L'affaire Dieudonné a cet avantage de démasquer les imbéciles "démocrates". Pendant que le fameux "comique" explique que les chambres à gaz n'ont pas finit le boulot, s'acoquine avec Ayoub pour cracher à la gueule de Clément Meric et que le nombre d'agressions antisémites et d'homosexuels monte en flèche, il peut compter sur le soutien inconditionnel de nos curés moralistes avides du droit à la fameuse "liberté d'expression". Voyez vous, ces gens tolèrent toutes les violences, exceptées celles revendiquées par les minorités opprimées victimes de la peste brune, et pour lesquelles nos bien pensants disposent de tonnes de "morale" prêtes à l'emploi.

La liberté d'expression est validée par le pouvoir tant qu'elle ne remet pas en cause le droit bourgeois. La démocratie n'est pas un yoyo éternel, elle correspond à une étape du capitalisme dans sa longue existence. Elle fut à son apogée dans un monde occidental ou les gigantesques profits tirés de la sur exploitation du tiers monde ont autorisé l'apparition d'un relatif bien être, la naissance des classes moyennes et le droit de jacasser à l'infini pour ne rien dire. L'apparition des premiers tartuffes de la "liberté d'expression" a permis l'éloge de la société "démocratique" pour mieux masquer l'épouvantable sort réservé aux masses africaines qui par leur sueur et leur sang, entretenaient ce "miracle". Rien de plus naturel, on ne mord pas la main qui vous nourrit.

Que tous les amateurs d'ivresse démocratique et les lecteurs de "libération" se rassurent. Aussi longtemps que leurs revendications se limitent au droit de gesticuler au nom de la fièvre électorale et de se promener sagement le dimanche après midi afin d'exiger - sans rire - une "révolution fiscale" avec pour seule perspective un énième gouvernement de "gauche", plus à gauche que le précédent, la bourgeoisie leur délivrera des certificats de "liberté d'expression" à la louche, trop heureuse de pouvoir se couvrir d'un vernis démocratique à bas prix, en accordant au fadasse et palichon "patriote" Jean Luc Melenchon, le statut de rrrrrrrrrévolutionnaire de service.

Si aujourd'hui les droits démocratiques à l'expression de Dieudo sont menacés par le pouvoir, ce n'est certainement pas pour sa pseudo contestation du système - il en est le meilleur larbin - mais tout simplement parce que la bourgeoisie juge que le soutien aux émules SS n'est pas encore à l'ordre du jour. Elle armera les Dieudo et Soral trop impatients en temps voulu, plus exactement quand le prolétariat montera à l'assaut du pouvoir, et que l'option fasciste pour la survie du capitalisme s'imposera aux classes dirigeantes.

En temps de relative paix sociale, l'extraction de la plus value qui exige que le travailleur engraisse au prix de sa sueur le patronat est facilitée quand l'exploité s'illusionne sur sa propre "liberté" et la sacro sainte "souveraineté populaire". C'est l'idéal même de la domination bourgeoise qui ne renonce à cette mascarade qu'en cas de danger révolutionnaire. Voila ce qu'il en est du réel fondement démocratique : l'acceptation des prolétaires quant à leur aliénation, et une crise du système capitaliste inexistante ou tout juste balbutiante.

En appeler au gouvernement et tout particulièrement à Valls - celui qui terrorise les Roms -pour interdire les spectacles du pitre antisémte n'est que le revers de la médaille "liberto expressionniste". Nous n'avons aucune illusion à distribuer dans l'état bourgeois, pas plus que nous ne devons passer aux yeux des masses pour les complices du pouvoir et de l'austérité anti-ouvrière imposée. C'est à la classe ouvrière organisée que reviendra le droit de faire taire Dieudo et d'écraser dans le sang toute menace fasciste par les méthodes les plus anti démocratiques et dictatoriales qui soient, n'en déplaisent à nos VRP de la "liberté". La crise aidant, quand le rideau démocratique sera levé et que surgira la gueule du canon fasciste, la guerre de classe écartera sans ménagement les fonctionnaires de la vérité "démocratique". Nous serons alors confrontés à deux perspectives : Socialisme ou barbarie.

La réelle émancipation humaine ne se vend pas contre un plat de lentilles démocratiques. L'exploité n'est jamais libre, pas plus que sa parole.

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